30 janvier 2018

Sans détours, le retour...

Cette semaine, deux membres du groupe ont fourni l'effort de travailler sur le thème proposé la semaine dernière, à savoir, "LE RETOUR"...

 

C'est le retour des jours sans fins.C'est le retour des jours sans lendemains. Des tourments incessants. Des grandes rêveries sur ce que l'on aurait pu faire de sa vie. C'est le temps des arrêts sur image. Tous les mauvais souvenirs se bousculent, tous les regrets, tous les remords. Énervements et insomnies.

C'est le temps du bilan, et il n'est pas fameux. Le moment où l'on ressent tellement d'écoeurement sur soi-même qu'on a à peine la force de se lever. C'est le moment des idées noires, très noires. C'est le retour de la lucidité.

Le médecin me l'a interdit, mais j'étais quand même mieux avec mes bouteilles de Calva. D'ailleurs il me vient à l'dée qu'il m'en reste quelques unes à la cave.

Allons vite quitter cette humeur nauséabonde.

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Signé: Sophie

Sophie

 

J'étais parti depuis des années. J'avais laissé mon pays. Quand je suis revenu tout avait changé. Je ne connaissais plus personne. Les anciens étaient partis, les jeunes avaient pris leurs places.

Le paysage était devenu plus aride à cause du changement climatique. On était dans le centre de la France mais on aurait cru être dans le Sahara.

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Il y avait des cactus, des palmiers, des figuiers de barbarie. Il n'y avait plus de prairies, il n'y en avait plus besoin car tous les paysans avaient disparu. Les gens manquaient de tout car les grands groupes comme Lactalis ou Sodiaal avaient fait crever tous les producteurs laitiers. C'était désormais à eux de subir le même sort.

 

Signé: Fred

Fred

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23 janvier 2018

C'est pas parce qu'on se tait, qu'on n'a rien à dire !

Puisque 2018 verra probablement notre talent croître jusqu'à vraisemblablement un prix littéraire, voici les prémices des futurs grands classiques !

 

Il ouvrit la bouche et aucun son n'en sortit. Il n'était pas philosophe, il n'était pas mathématicien, il n'était pas psychologue, c'était tout simplement un cri étouffé au Chili sous Pinochet !

Signé : Buddy Blues

 

Il ouvrit la bouche et aucun son n'en sortit, car il était muet, et s'appelait Bernardo. C'était le domestique de Zorro !

Signé : Fred

 

Il ouvrit la bouche et aucun son n'en sortit. Il faut dire que le paysage, baigné de lumière turquoise ondulante, était à couper le souffle. Des vallées, des plaines, des rochers abrupts que des taches de couleurs vives éclairaient ça et là ...

Il l'avait suivie jusque là, sans hésiter, brutalement, violemment.

Elle s'était arrêtée à quelques mètres de lui et le fixait effrontément.

Il ouvrit à nouveau la bouche mais la referma aussitôt. Des torrents d'eau salée semblaient vouloir l'envahir. Il tendit la tête vers la lumière, jeta un dernier regard à cette sirène immobile, et dans un coup de rein rageur se propulsa vers le ciel. Lorsque sa tête creva la surface de l'eau, il prit une violente bouffée d'air et hurla à la vie. Enfin ...

Signé : R2B2

 

Il ouvrit la bouche et aucun son n'en sortit ... la lame froide avait probablement perforé ses poumons. Elle le regardait avec ce doux sourire qu'il avait tant aimé. Ce fut la dernière image qu'il vit avant de partir.

Signé : Lapin Blanc

 

Il ouvrit la bouche et aucun son n'en sortit, tellement il était émerveillé, il était dans un immense champ de blé. Il était un peu étourdi, sali par la terre et le corps un peu douloureux; en jouant, il était tombé dans un vieux puits, il avait dévalé plusieurs centaines de mètres et il devait s'estimer heureux d'être entier. Mais là n'était pas le miracle, c'est plutôt qu'apparemment il était sur une autre terre ou une terre parallèle. Celle d'où il venait était totalement stérile à cause des dérèglements climatiques. La végétation avait disparue et l'on mangeait des pains d'on ne savait quoi. Il restait d'ailleurs peu d'humains et c'était mieux ainsi car tous se faisaient la guerre. Les quelques blocs de pays n'échangeaient plus rien. Après avoir bien participé économiquement et politiquement à l'effondrement du vieux monde. Tous les grands travaux avaient été stoppés. Il y avait eu des guerres fratricides, des épidémies, et beaucoup d'assassinats commandités par l'état. Bref ! La terre avait l'aspect d'une vieille décharge totalement à l'agonie.

Et là une terre blonde à l'infini, comme il n'en avait vu que sur internet. Tout était beau, l'air était pur. Il marcha longtemps vers de grandes serres pleines de fruits et de légumes magnifiques. Plus loin s'étendaient des élevages d'animaux dans une belle herbe verte. Très loin, il aperçut la ville aérienne, un robot lui apprit à utiliser un petit avion et il pu visiter cette mégalopole ensoleillée composée d'habitats et surtout de beaucoup d'espaces communautaires, il y avait des aires de jeu et d'énormes piscines, toutes surveillées par des robots sympathiques, polis et efficaces.

Quand il fut à terre, il fut emmené vers un dirigeant qui lui expliqua qu'en effet, il était dans une autre dimension, sur une terre née bien après la nôtre et qui s'était servi de notre exemple pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Ici pas de prison, pas de police, jamais de conflit et aucun travail, ce sont les savants qui avaient permis cela et ils étaient considérés comme des idoles.

Alors, s'armant de tout son courage il dit enfin ce qui lui tenait à coeur : "puis-je rester et aller chercher ma soeur, mes parents et mon chien ?"

Le dirigeant tiqua un peu pour le chien car il n'y en avait pas sur la planète "volupté", mais se dit qu'en fait, c'était une occasion à saisir.

Signé : Sophie

 

Et sinon ... bonne semaine !

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09 janvier 2018

Bouche cousue !

Pour cause de réunion tardive, nous n'aurons pas le temps de publier aujourd'hui la totalité du travail demandé aux participants de ce modeste blog.

En contrepartie, cela nous donne l'opportunité de vous soumettre un petit exercice littéraire, qui comptera au bac (coef 6), et que donc vous avez tout intérêt à réussir.

D'ailleurs, nous pensons particulièrement à nos habituels commentateurs, que nous espérons en bonne santé puisque nous n'avons pas de nouvelles...! ;-)

 

Le sujet est le suivant:

 

CONTINUEZ CETTE PHRASE : IL OUVRIT LA BOUCHE ET AUCUN SON N'EN SORTIT...

 

Vous avez une semaine.(C'est mieux que quatre heures, et ne trichez pas)

 

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02 janvier 2018

Ben voilà, ça y est, on est dans la ... nouvelle année !

Cela n'a pas pu vous échapper, nous avons changé d'année ! Si si ...

Comme 2018 ne devrait pas être bien différente des autres années passées, nous avons pensé que les voeux de Pierre Desproges en 1986 malgré quelques nécessaires actualisations étaient encore au goût du jour. (Bon d'accord, il y a aussi quelques gros mots, mais oh hé hein ? bon ... !)

 

Bonne année mon cul

 

(3 février 1986)

 

Il était temps que janvier fît place à février.
Janvier est de très loin le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l'année. Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé.
Et qu'est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...
Dieu Merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de «Bonjour à tous», j'ai mis «Bonne année mon cul». C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

Plus encore que les quarante-cinq précédents mois de janvier que j'ai eu le malheur de traverser par la faute de ma mère, celui-ci est à marquer d'une pierre noire. Je n'en retiens pour ma part que les glauques et mornes soubresauts de l'actualité dont il fut parsemé.
C'est un avocat très mûr qui tombe, sa veuve qui descend de son petit cheval pour monter sur ses grands chevaux. La gauche est dans un cul-de-sac. Mme Villemin est dans l'impasse, tandis que, de bitume en bitume, les graphologues de l'affaire qui ne dessoûlent plus continuent à jouer à Pince-mi et Grégory sont dans un bateau.
Côté bouillon de culture, Francis Huster attrape le Cid avec Jean Marais. Au Progrès de Lyon, le spécialiste des chiens écrasés et le responsable des chats noyés, apprenant qu'Hersant rachète le journal, se dominent pour ne pas faire grève.
Le 15, premier coup dur, Balavoine est mort.
Le 16, deuxième coup dur, Chantal Goya est toujours vivante. L'Espagne - fallait-il qu'elle fût myope - reconnaît Israël.
Le 19, on croit apercevoir mère Teresa chez Régine : c'était Bardot sous sa mantille en peau de phoque...
Le 23, il fait 9° à Massy-Palaiseau. On n'avait pas vu ça, un 23 janvier, depuis 1936. Et je pose la question : Qu'est-ce que ça peut foutre ?
Le 26, sur TF1, le roi des Enfoirés dégouline de charité chrétienne dans une entreprise de restauration cardiaque pour nouveaux pauvres : heureusement, j'ai mon Alka-Seltzer.
Le 27, l'un des trois légionnaires assassins du Paris-Vintimille essaie timidement de se suicider dans sa cellule. Ses jours ne sont pas en danger. Je n'en dirais pas autant de ses nuits.
Le 29, feu d'artifice tragique à Cap-Kennedy. Bilan : 380 tonnes d'hydrogène et d'oxygène liquides bêtement gâchées.
Et le soir du 31, comme tous les soirs, Joëlle Kauffmann embrasse ses deux garçons. Et elle entre dans sa chambre. Elle est toute seule. Elle ne dort pas très bien.

Enfin voici février. Sec comme un coup de trique et glacé comme un marron. Avec son Mardi gras qui nous court sur la crêpe. C'est le mois de saint Blaise, qui rit dans son ascèse, et de sainte Véronique, qui pleure dans les tuniques. C'est aussi le temps du carême, où les maigres chrétiens d'Ethiopie peuvent enfin jeûner la tête haute pour la seule gloire de Dieu.
Les statistiques sont irréfutables : c'est en février que les hommes s'entre-tuent le moins dans le monde ; moins de tueries guerrières, moins de rixes crapuleuses, moins d'agressions nocturnes dans les rues sombres du XVIII°, où l'insécurité est telle habituellement que les arables n'osent même plus sortir le soir. Jusqu'au nombre des cambriolages qui diminue de 6% en février. Et tout ça, pourquoi ?
Après les enquêtes scientifiques les plus poussées, les sociologues sont parvenus à cette incroyable conclusion : si les hommes font moins de conneries en février, c'est parce qu'ils n'ont que 28 jours.

Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver.

 

Gardons le moral, bonne année quand même ...

 

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